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 De l’eau dans le vin des pauvres anglais

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Amilyë
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MessageSujet: De l’eau dans le vin des pauvres anglais   Sam 24 Mai - 16:49

De l’eau dans le vin des pauvres anglais



Limiter l’accès au tabac ou l’alcool en augmentant les prix est la base des politiques de santé publique. Dans le cas de l’alcool, l’une des mesures financières utilisées (par exemple en Russie ou dans la plupart des provinces du Canada) est le maintien d’un prix plancher.
La question de la mise en place d’un prix minimal pour chaque unité d’alcool fait débat depuis plusieurs années au Royaume-Uni. Ainsi, depuis mai 2012, en Ecosse, le prix minimal d’une unité d’alcool (8 g d’alcool pur) est légalement fixé à 0,50 livres sterling (soit environ 63 centimes d’euro)... Mais cette mesure n’est pas encore appliquée. Après la décision de l’Ecosse, cette mesure a été débattue puis rejetée par le parlement britannique en juillet 2013. Il avait été conclu à un manque de preuves en faveur du bénéfice pour la santé publique, et surtout une pénalisation inadéquate des « buveurs responsables ».

L’équivalent de 4 semaines de consommation de moins pour les grands buveurs pauvres
Holmes J, Meng Y et al. présentent dans le Lancet un modèle mis au point à l’université de Sheffield, en Ecosse (Sheffield Alcohol Policy Model), destiné à évaluer l’impact d’une limitation du prix de l’unité d’alcool à 0,45 livres (0,55 euros). Ce modèle se base essentiellement sur les données d’une enquête menée en 2009 sur les habitudes de consommations de 10 588 adultes de plus de 16 ans en Angleterre (General Lifestyle Survey). Il prend en compte l’impact de la diminution du prix d’une boisson sur les achats de cette boisson, mais aussi sur les achats des autres produits. Ainsi on estime que la diminution de 1% du prix de la bière en supermarché diminue de 0,980 % la consommation de cette bière, mais augmente, par exemple de 0,253 % la consommation de vin de supermarché.

Sans surprise, ce sont les grands buveurs (plus de 50 unités par semaine pour un homme, et plus de 35 pour une femme) des populations défavorisées qui consomment le plus d’alcool bon marché (40,6 % d’alcool acheté à moins de 0,45 livres pour le quintile le plus pauvre). L’impact global de la mesure est estimé comme étant relativement faible, avec une diminution de 1,6 % de la consommation d’alcool (soit 12 unités d’alcool par personne et par an). La plus grande part de la diminution de consommation se retrouve dans le groupe qui boit le plus (74,0 % de la diminution totale), et dans les deux quintiles les plus pauvres de la population (66,7 %). Les grands buveurs du quintile le plus pauvre boivent, dans ce modèle, 299,8 unités d’alcool de moins par an (-7,6 %). La modification de la dépense globale est estimée comme faible, laissant supposer un impact modéré sur le pouvoir d’achat (-35 livres par an pour les gros buveurs du quintile le plus pauvre, et +16,35 livres pour ceux du quintile le plus riche). L’impact sur les buveurs modérés (moins de 21 unités par semaine pour un homme, et moins de 14 pour une femme) est encore plus négligeable.

Les auteurs de l’étude estiment à 2,6 milliard de livres sterling l’économie à 10 ans sur le plan de la santé publique, le groupe des travailleurs manuels bénéficiant le plus largement de la mesure (80% de la diminution totale du nombre de décès et d’hospitalisation).

Pas d’actualité en France
Le principal atout du modèle est de présenter plusieurs groupes de revenus, pour mettre en avant l’impact sur les populations pauvres, qui souffrent le plus des conséquences de l’alcool, en terme de santé publique, ou de criminalité.
Maintenir un prix minimal pour l’alcool ne gênerait donc en rien les buveurs modérés, et diminue la consommation des populations défavorisées. Sans faire appel à des modélisations statistiques complexes, il semble déjà que les décès et hospitalisations liées à l’alcool soient en voie de diminution au Canada.

Mais les freins légaux, politiques et commerciaux à l’adoption d’une telle mesure sont nombreux. Le principe même de faire peser un poids financier supplémentaire dans un but sanitaire est une limite pour certains, car ayant un effet nécessairement inégalitaire.

En Ecosse, la Scottish Whisky Association a attaqué la loi au nom de la libre concurrence des prix au sein de l’union européenne, et la décision doit maintenant être prise par la cour européenne de justice. Neuf membres de la commission européenne sont opposés à cette loi, dont la France, craignant une baisse des ventes des vins bon marché.

C’est dire si une telle mesure n’est pas d’actualité dans notre pays.


Références :
Holmes J, Meng Y, Meier PS et coll. : Effects of minimum unit pricing for alcohol on different income and socioeconomic groups : a modelling study. Lancet, 2014; 383: 1655-64.

Chalmers J : Alcohol minimum unit pricing and socioeconomic status. Lancet, 2014; 383:1616-7

Source : jim.fr

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