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 Se relever d’une naissance difficile

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Amilyë
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MessageSujet: Se relever d’une naissance difficile   Sam 24 Mai - 17:09

Se relever d’une naissance difficile

La morbidité maternelle sévère constitue un indicateur important de la qualité des soins périnataux dans les pays développés où la mortalité maternelle est devenue un événement rare. Les pathologies maternelles telles l’hémorragie de la délivrance ou l’hypertension sont efficacement traitées pour la plupart des patientes.

Cependant, la littérature portant sur la médecine d’urgence décrit des séquelles psychologiques même en cas de prise en charge rapide et adaptée. Il est par ailleurs reconnu qu’un niveau élevé d’intervention durant l’accouchement peut engendrer des conséquences psychologiques délétères allant jusqu’au stress post traumatique et que les pathologies mentales maternelles ont un effet négatif sur le développement de l’enfant.

Pour explorer cet aspect, une équipe du Kings College de Londres a effectué une analyse méta ethnographique sur 12 études qualitatives sélectionnées parmi plus de 1 000, portant sur les impacts de la morbidité maternelle grave.

Un état critique
Les femmes ne « s’attendent » évidemment pas aux complications de la naissance telles que l’hémorragie de la délivrance ou l’éclampsie, même si certaines savent leur grossesse être potentiellement à risque pour elle ou leur enfant, le plus souvent du fait d’un déroulement jugé difficile ou d’une précédente grossesse pathologique. De plus, il s’agit souvent d’un événement soudain et imprévisible.

Elles réalisent que leur état est critique de différentes façons : certaines voient qu’elles perdent beaucoup de sang, ou qu’elles sont abondamment transfusées. Pour d’autres, c’est l’entrée au bloc opératoire ou la perte de conscience qui est le déclic. De même, les soins prodigués influencent leur ressenti de la gravité, par exemple être admise en unité de soins intensifs « où les gens ne survivent pas ». La douleur ressentie est également un moyen de constater la gravité de la pathologie. Elles ont communément eu une sensation de mort imminente, surtout en cas de dyspnée, de saignements, de convulsions. Quelques unes disent même avoir eu une expérience de « sortie du corps ».

Les traitements engendrent souvent des souffrances et même si les femmes les savent nécessaires, elles ont des difficultés émotionnelles à les supporter. Les soins sont mieux vécus si la femme est impliquée dans les décisions la concernant. En cas d’urgence, les femmes n’ont souvent pas le choix mais même dans ces circonstances elles supportent mieux les soins s’ils leur sont expliqués ou si elles ont confiance dans leur médecin, en particulier si celui-ci est doué d’un bon sens de la communication non verbale. D’ailleurs certaines femmes ne questionnent pas sur le risque de mortalité dans ces circonstances car elles ont toute confiance en leur soignant.

Par contre, elles se sentent tristes et frustrées lorsqu’elles s’estiment isolées, ignorées, traitées de façon inadéquate, impersonnelle ou inégalitaire, et cela dès les premiers moments de la prise en charge. Nombreuses sont celles qui considèrent que leurs besoins émotionnels ne sont pas pris en considération. Les barrières culturelles et de langue augmentent encore ces sentiments négatifs.

Privées de l’expérience idéalisée d’une belle grossesse et d’un accouchement parfait
Certaines expriment une colère envers leur propre corps, qui les a privées de l’expérience idéalisée d’une belle grossesse et d’un accouchement parfait, tandis qu’elles ont le sentiment d’être incapables d’exercer le processus physique de reproduction. Elles sont souvent séparées de leur enfant ce qui accroît leur tristesse et/ou leur culpabilité, éprouvent des difficultés à mettre en place l‘allaitement, doivent parfois laisser leur proche s’occuper du nouveau-né, tout cela créant un sentiment d’incapacité à être mère.

Les femmes survivant à une morbidité grave ont des pensées ruminantes, se demandant communément « pourquoi » et « pourquoi moi », recherchant une faute mais aussi à donner un sens a leur expérience. Elles attendent de leurs conjoints et des professionnels qu’ils les aident dans cette recherche, mais les soins en post partum s’attachent plus au corps qu’au psychisme et leur détresse ne s’en retrouve qu’augmentée. Néanmoins, celles qui parviennent à donner sens à cette épreuve sont moins souvent en détresse psychologique et mieux adaptées à la vie sociale. Les femmes sont souvent reconnaissantes d’avoir survécu et beaucoup trouvent quelque chose de positif dans leur expérience, voient la vie de façon différente, lui donnent plus de valeur, sont moins matérialistes et tentent d’avoir une meilleur hygiène de vie.

Les séquelles peuvent se manifester pendant des mois ou des années après, par des flashbacks ou des cauchemars. Certaines évitent de consulter pour ne pas à avoir à revivre ces souvenirs. Parfois l’impact émotionnel survient plus tard, entre 1 à 6 mois, quand les visites diminuent, que le conjoint repart travailler et qu’il y a plus de temps pour réfléchir.

En conclusion, les difficultés de communications sont pointées par les femmes insatisfaites. Les événements soudains étant plus traumatisants que ceux auxquels les patientes sont préparées, l’information des femmes sur les risques de la grossesse est déterminante.


Références :
Furuta M. et coll. : Women’s perceptions and experiences of severe maternal morbidity - A synthesis of qualitive studies using a meta-ethnographic approach. Midwifery, 2014; 30 : e158-e169

source : jim.fr

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