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 Ces femmes qui choisissent de se faire stériliser

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Amilyë
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MessageSujet: Ces femmes qui choisissent de se faire stériliser   Mer 1 Oct - 13:55

Ces femmes qui choisissent de se faire stériliser

À l'occasion de la journée mondiale de la contraception, retour sur le sujet tabou de la stérilisation, que les médecins refusent encore très souvent de pratiquer.

« Je voulais une solution radicale », se rappelle Céline Cote. Lassée par quinze années de pilule, la jeune femme a décidé de se faire stériliser. À 28 ans, sans enfant. « Cette décision ne m’a pas pris très longtemps, puisque j’y pensais depuis toujours ». Pouponner, très peu pour cette jeune bisontine pour qui avoir des enfants est une hantise. « C’est irresponsable pour moi vu l’état actuel du monde, explique-t-elle. Je ne me suis jamais sentie capable d’affronter cela ». Quand le médecin s’est étonné de sa demande, elle lui a simplement rétorqué : « Est-ce que vous demandez aux 99% de vos patientes qui sont des femmes enceintes pourquoi elles veulent faire des enfants ? ». Silence. Quelques mois plus tard, Céline se fait stériliser. Elle n’aura jamais d’enfants et s’en réjouit.

Pour éviter tout conflit, Céline n’a rien dit à ses parents, même trois ans après son opération. « Ca va leur faire du mal, et puis ils ne comprendraient pas ». Lorsqu’elle rencontre son compagnon, elle le met en garde tout de suite. « Lui voulait des enfants. Alors il a eu ses quatre mois de réflexion, puis il est revenu ». Ses amis, en revanche, l’ont prévenue : « elle va le regretter ». Il faut dire que le caractère irréversible de l’acte ne fait que renforcer la tension tragique de cet autre « heureux événement ». Sauf que « le regret ne concerne pas les personnes qui ont choisi de plein gré. C’est une décision mûrie. On ne se réveille pas un matin en se disant « tiens je me vais me faire stériliser ! », plaide Marie-Pierre Martinet.Alors qu’elle est la première méthode de contraception dans le monde, la stérilisation reste un sujet tabou en France. À peine 4% des françaises l’ont choisi, contre 19% des femmes à travers le globe.

Les médecins font de la résistance
On imagine qu’elle ferait de la femme un etre dépourvu de sa « fonction essentielle » : procréer. Même si elle est autorisée par la loi depuis 2001 pour toute personne majeure, la stérilisation reste controversée... En 2010, la Caisse d’assurance maladie décide de ne plus la rembourser pour les personnes de moins de 40 ans. Le Planning saisit la Halde et le Défenseur des droits. Le remboursement pour toutes sera rétabli deux ans après. « Nous sommes dans une société judéo-chrétienne qui survalorise tellement la maternité que toute personne qui décide de ne pas avoir d’enfant transgresse les normes et devient suspecte, explique en soupirant Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Planning Familial. Dans les cultures anglo-saxonnes, c’est bien plus facilité, l’influence du protestantisme n’est pas dans la même dynamique ». Si l’idée de devenir stérile terrifie les femmes qui ne veulent plus d’enfants, celles qui ont pris leur décision se confrontent à une réticence féroce de la part des médecins. Et démarrent un vrai chemin de croix pour faire reconnaître leur choix.

"Je préfère contraception définitive à stérilisation"
Il faut dire que le simple mot porte avec lui des stigmates plus paralysants, faisant écho à un eugénisme passé. « Cela renvoie aux heures obscures des génocides, de la volonté d’autrui d’agir sur l’autre, analyse Marie-Laure Brival, chef de service de la maternité des Lilas. Quand vous stérilisez quelqu’un, vous le sortez de la société, vous l’amputez de ses droits car vous estimez qu’il ne doit pas se reproduire, qu’il est inférieur ». Or, d’après elle, la contraception définitive, comme elle préfère l’appeler, est un choix fait par soi et pour soi.

Retomber enceinte à 40 ans, cette « épée de Damoclès »
Car cette envie d’en finir avec la fertilité est vécue comme une délivrance pour celles qui ont eu des parcours douloureux avec les autres méthodes contraceptives. Elles ont eu leurs enfants, les aiment mais n’en veulent pas d’autres. Sauf que leurs ovaires, eux, fonctionnent toujours. En effet, les femmes de plus de 35 ans avec des enfants représente 98% des demandes selon Marie-Laure Brival. Laetitia, 30 ans, rêve de stérilisation depuis huit ans. Elle et son conjoint ont eu leur premier enfant à 19 ans, le deuxième à 22 ans, par choix. « Dès la naissance du dernier, je savais que je ne voudrais pas d’autre enfant. On m’a refusé la stérilisation à 22 ans, puis à 29 ans. Je continuais à prendre la pilule et malgré cela, je suis tombée enceinte. J’ai dû faire une IVG. Aujourd’hui, cela perturbe ma vie sexuelle car j’ai sans cesse peur de retomber enceinte, même si j’ai un implant contraceptif ». Cela ne fait aucun doute pour elle : seule la contraception définitive lèverait cette angoisse permanente. Après avoir parlé à trois médecins différents ainsi qu’à l’infirmière qui a encadré son avortement, Laetitia, 30 ans, désespère que personne ne « comprenne son choix ».

Retomber enceinte, c’est aussi « l’épée de Damoclès » qui pèse sur Maud. Forcée de prendre la pilule à cause de problèmes d’acné, elle en a eu ras-le-bol d’avoir à respecter une contrainte quotidienne. « À 35 ans, ça va bien ». Depuis qu’elle a arrêté la pilule il y a deux mois, elle et son mari font « attention », en attendant son premier rendez-vous chez le médecin pour parler stérilisation. Pas de blocage pour elle : sa mère aussi s’est faite stériliser à son âge, par un chirurgien dans une clinique privée. « Je ne me suis dit jamais dit que je serais moins femme ». Bien au contraire, elle estime que cela lui rendra une liberté psychologique, physique, conjugale. « Je suis facilement tombée enceinte pour mes enfants. J’ai peur que ça passe entre les mailles du filet. J’ai fait une fausse couche avant mon premier enfant et je pense que je vivrais très mal un avortement. Je ne saurais pas quoi faire, car je ne me vois pas non plus faire une grossesse à 40 ans ».

Une femme de moins de 30 ans se fera refuser dans 99% des centres
Son « deuil » de la maternité étant fait, la mise hors service de ses ovaires ne lui semble pas être un sacrifice. D’ailleurs, elle envisage même de parler de vasectomie à son mari. « On ne veut plus d’enfant tous les deux alors on peut se dire qu’on fait ça à deux, pour notre couple et par souci d’égalité ». Maud y songe, mais ne lui en as pas encore parlé. Pour l’instant, elle se prépare à son premier rendez-vous médical. « Je ne sais pas à quelle sauce je vais être mangée. Si le médecin est réticent je serai pugnace. J’ai en réserve des arguments. Mais avec deux enfants, je pense que ça va jouer en ma faveur au niveau du ressenti du médecin ».

"Le chirurgien a demandé l’autorisation écrite de mon mari"
Car bien souvent, les femmes doivent plaidoyer pour obtenir l’approbation du médecin. Ils sont nombreux à brandir leur droit de réserve pour ne pas se rendre responsable de l’irrémédiable. Certains posent leurs conditions et refusent de poser une contraception définitive aux femmes de moins d’un certain âge « Une femme de 30 ans se fera refuser dans 99% des centres », affirme Marie-Laure Brival. D’autres développent tout un arsenal argumentaire dissuasif. Il y a le « vous allez le regretter », lancé à cette femme de 53 ans. Le « vous allez peut-être vouloir une fille », opposé à une mère de trois garçons. Mais aussi : « si vos trois enfants meurent dans un accident de voiture, peut-être que vous voudrez en refaire ». Les médecins rechignent. Quand ils ne demandent pas l’avis du mari. Astrid*, cinq enfants et un époux convaincu qu’ « il ne faut pas mettre de latex entre deux conjoints », se souvient l’humiliation qu’elle avait ressentie le jour de sa demande de stérilisation. « Le chirurgien a demandé l’autorisation écrite de mon mari. J’ai dû recopier un texte de décharge comme une gamine ! Cette emprise du masculin reste une blessure dans ma vie de femme ».  

Marie-Laure Brival ne s’en étonne pas. Ce genre d’histoires, elle en entend très souvent à la maternité des Lilas. « Les médecins refusent aux femmes leurs droits en se réclament représentants de l’ordre moral et sociétal. Malgré la loi, il est intolérable pour la plupart d’entre eux d’entendre une femme dire : « j’ai deux ovaires, un utérus, tout fonctionne et pourtant je n’en veux pas ». Tout comme une femme qui veut avorter sans être en détresse. Pourtant, les femmes ne sont pas folles, elles sont responsables ».

Seuls 5% des femmes ne sont pas tout à fait sûres
La maternité des Lilas, elle, a décidé de prendre position. Elle respecte la loi sans jugement moral ou éthique sur la décision de la patiente. Résultat : afflue dans leurs locaux nombre de femmes très énervées. « Elles arrivent parfois pleines d’agressivité en disant "ça fait quatre centres qui me refusent, de quel droit les médecins me retirent ce droit" », raconte Marie-Laure Brival, qui a effectué près de 70 stérilisations en 2013. Quand une nouvelle méthode permet aux femmes plus de flexibilité, cette chef de service est aux aguets. Quand est apparu en 2002 la méthode Essure qui consiste à placer deux implants dans chacune des trompes afin de provoquer une obstruction naturelle, Marie-Laure Brival est séduite. « C’est une belle technique, élégante, rapide, sans anesthésie ni mutilation. On peut repartir faire ses courses tout de suite après. J’ai tout de suite vu l’intérêt que cela pouvait avoir pour les femmes, contrairement à la ligature des trompes, avec ses 48h d’immobilisation et les risques encourus. Après tout, pourquoi une femme s’embêterait avec les contraintes d’une contraception hormonale si elle a eu le nombre d’enfants qu’elle voulait ? »

"Si la demande n’est pas claire, on va fouiller"
Il ne suffit pas de frapper pour autant à la porte de la maternité des Lilas pour obtenir illico une stérilisation. Car cette décision irréversible nécessite une écoute et un suivi. Le processus est balisé de A à Z : le premier médecin vérifie le sérieux de la demande. Ensuite, la patiente se voit proposer une rencontre avec une psychologue pour que cette dernière comprenne les ressorts et contours de ce non désir d’enfant. « Si la demande n’est pas claire, on va fouiller. Il ne s’agit pas d’un travail moralisateur, mais d’un travail professionnel, pour bien évaluer la demande, expose Marie-Laure Brival. C’est le boulot du médecin de faire ce cheminement avec la femme pour l’amener à se poser les bonnes questions. In fine, je vois la patiente en consultation une dernière fois pour me faire un jugement en prenant en compte l’avis de mes deux autres collègues. Suit le délai légal de quatre mois de réflexion obligatoires. Si la femme confirme sa demande, alors on y va ». Seuls 5% des femmes en demande sont dans cette ambivalence. Les 95% restants sont déterminés.

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